lundi 21 novembre 2011

Article : Le Figaro

Jour J pour le Groupe Hersant Média 



Mis à jour  | publié 
GHM rencontre ses banques pour renégocier sa dette qui atteint 215 millions d'euros. Le mariage avec le belge Rossel, propriétaire du journal «Le Soir», est en jeu. 
Philippe Hersant ne veut pas parler de réunion de la dernière chance, mais c'est bien tout l'enjeu des discussions que doivent avoir aujourd'hui leGroupe Hersant Média (GHM) et ses dix-sept banques créancières, sous l'égide du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Contacté par Le Figaro , Philippe Hersant, le président de GHM, juge «inconcevable que cette proposition de restructuration financière ne soit pas validée par toutes les parties prenantes. C'est un point d'équilibre ayant reçu le soutien du Ciri, du mandataire ad hoc, de notre partenaire industriel Rossel ainsi que des cinq actionnaires de GHM. Ceux-ci auront investi, ajoute-t-il, au total plus de 120 millions d'euros depuis 2007 pour un effort des seize banques de 60 millions d'euros».
Mais dans les coulisses, le Belge Rossel s'impatiente. Le groupe de presse, propriétaire du Soir à Bruxelles, avait conclu, le 12 octobre, un accord de rapprochement avec GHM au terme duquel les deux groupes doivent donner naissance au numéro trois de la presse régionale en France, avec entre autres actifs La Voix du Nord, La Provence ou Nice Matin. Un mariage soumis à un accord bancaire sur la dette de GHM qui atteint 215 millions d'euros. Une première date butoir avait été fixée le 10 novembre. Mais GHM n'est pas parvenu à s'entendre avec ses banques. Malgré la fin de la période de négociations exclusives, Rossel a accepté de poursuivre les discussions. De l'issue de la réunion d'aujourd'hui dépend la suite des noces.

Risque de contagion 

GHM a initialement demandé un abandon de créances de 100 millions d'euros. Le groupe de presse a fait un effort depuis quelques jours en proposant un montant singulièrement revu à la baisse, autour de 60 millions d'euros. Une partie de la dette pourrait être transférée à la coentreprise formée avec Rossel. Ce dernier serait, de son côté, prêt à acheter séparément le pôle Champagne-Ardenne (L'Est éclair, L'Union, L'Ardennais…) de GHM.
Pas suffisant, selon les banques, qui ont obtenu de GHM qu'il cède une partie de sa presse d'outre-mer, notamment les journaux détenus en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie. D'autres actifs pourraient être vendus, tels la société d'hébergement SDV, des participations en Suisse ou encore un golf situé dans l'Eure, entièrement dessiné par le fondateur du groupe, Robert Hersant.
Les actionnaires de GHM, Philippe Hersant et sa famille, mettraient eux aussi la main à la poche en apportant 23 millions d'euros. Mais l'effort consenti ne satisferait pas les banques. «C'est un geste a minima qui vise principalement à éviter le risque de contagion au groupe de la liquidation de la Comareg (Paru Vendu), confie une source bancaire La valeur des actifs de GHM est de l'ordre de 200 millions d'euros, soit quasiment la valeur de sa dette.»
Pour accepter des conditions qu'elles jugent hasardeuses, étant donné les difficultés actuelles du secteur de la presse, les banques sont tentées de demander une clause de retour à meilleure fortune, qui leur permettrait de monter au capital de la société formée entre GHM et Rossel. Un banquier évoque une prise de participation de 25% dans le nouvel ensemble. «Un échec de la négociation avec les banques signifierait l'abandon de ce projet», conclut Philippe Hersant.

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