samedi 31 décembre 2011

Info importante

Reçu sur la boite mail du Blog :

Info importante: la marque paru vendu a été acheté ce jour par digital virgo, et oui comme quoi tout n' est pas fini.....la marque va perdurer alors a vos cv...

vendredi 30 décembre 2011

Gras Savoye

Reçu dans "Nouvelles Conversations" :

Je viens d'avoir Gras Savoye au tel. au sujet de l'attestation de tiers payant 2012 (carte que l'on reçoit chaque année pour la mise à jour dans les pharmacies, hôpitaux, cliniques etc...). Eh bien pour 2012(ça commence bien!!), les ex. Comareg n'en auront pas.Tout est bloqué chez le liquidateur/mandataire (dixit Gras Savoye)et cela veut dire que nous serons obligés D'AVANCER LE TIERS PAYANT de la partie mutuelle et serons remboursés sur présentation de la facture par la mutuelle ensuite.ENCORE DES FRAIS A AVANCER qui n'étaient pas prévus alors que par contre les chèques pour la portabilité de la mutuelle ont été envoyés et débités depuis "belle lurette". CE N'EST PAS NORMAL D'AVANCER...alors que nous sommes en règle dans nos paiements personnels.Il va falloir encore tous se mobiliser sinon les avances vont nous coûter très chères...alors que c'est le rôle de la mutuelle d'avancer le tiers payant.Gras Savoye doit être exemplaire du 1er au dernier jour de la portabilité et cela risque de ne plus être le cas sur 2012.ALORS MOBILISONS NOUS...ET VITE !! 

jeudi 29 décembre 2011

LE PERE NOEL EST UNE ORDURE

Reçu dans "Nouvelles Conversations" :

LE PERE NOEL EST UNE ORDURE : VERSION 2011 - VERSION HERSANT…
Comme chaque année, le Père Noël est venu apporter ses joujoux par milliers. Si, si...
Malheureusement, il n'a pas été très généreux et surtout pas très équitable.
Jugez par vous même : des parachutes dorés d'un montant à 6 chiffres vont être offerts d'ici la fin de l'année à certains dirigeants COMAREG. Sans doute pour leur conduite irréprochable, leur exemplarité ou encore leur implication. Certains ont moins de 5 ans d'ancienneté... Ces contrats auraient été signés avec la Direction de Groupe Hersant Medias fin 2010 ! Ceux qui sont peut-être encore là et perçoivent 1,5 fois leur salaire pour tout liquider ! Quand certains dirigeants osent écrire dans le journal interne du groupe qu'ils ont "tout tenté". Décidément, nous ne voyons pas les choses de la même façon. 
Souvenez-vous dans le même temps, un plan social était mis en place. On nous demandait de nous mobiliser pour la survie de l'entreprise. Nous étions donc les seuls à avoir encore de l'espoir. Nos dirigeants eux s'assuraient des jours tranquilles et un minimum de stress car quelle que soit la suite, ils savaient qu'ils "seraient au chaud" cet hiver. Nous avons été dupés depuis plusieurs mois...
Comment dans ces conditions peut-on exiger, alors que nous n'avons pas perçu nos indemnités de licenciement, que nous payons la mutuelle dans son intégralité et non au mois le mois ? Quel manque de prise en considération de nos situations ? N'y a t'il pas 2 poids, 2 mesures ?
Le liquidateur a été informé par courrier de notre démarche : il lui a été demandé de démentir d'ici le 24 décembre, le versement de telles indemnités à quelques privilégiés. Nous lui avons laissé le temps de réagir puisque nous lui avons offert quelques jours de plus, pour publier un démenti su ce blog. Mais aujourd’hui encore, pas de démenti.. Il convient à chacun d'entre nous d'en tirer les conclusions... Le groupe semble bel et bien avoir décidé de verser de telles sommes et de favoriser une poignée de ses collaborateurs qui ont largement contribué à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ce meme groupe qui refuse de verser des indemnités supra-légales à ses ex 1 650 employés qui se retrouvent privés de leur emploi.
Comme nous l'avons indiqué au liquidateur, nous allons communiquer ce message à la presse, aux représentants de l'état en charge de notre dossier, aux avocats chargés de défendre nos intérêts dans le cadre de la procédure collective. Nous comptons sur vous pour diffuser largement cette information sur les réseaux sociaux, mais aussi aux élus que vous avez réussi à sensibiliser dans vos régions, à vos avocats si vous avez engagé des procédures individuelles. Nous espérons également rallier les décideurs à notre cause en contraignant le groupe à nous verser des indemnités récompensant notre loyauté.
Puisqu'il n'y a plus rien à perdre... 

mardi 27 décembre 2011

QUESTION UTILE POUR TOUS

Reçu sur la boite mail du Blog :

Bonjour à tous ,

Simple question et néanmoins tres utile pour tous :

Allons nous recevoir un virement d'ici fin décembre ?
Au regard de la situation financière de chacun d'entre nous , la question
mérite d'être posée...
Notre premier mois de préavis , à en croire certains , devrait nous être
réglée d'içi fin décembre , à en croire d'autres , rien avant début
février et du côté de notre direction ou ce qu'il en reste aucune info...
Qui peut me confirmer de façon certaine ce que nous allons toucher ou pas
fin décembre.
Merci à tous pour vos réponses...

lundi 26 décembre 2011

Article : L'Union

Article paru sur L'Union de Reims ce 24 décembre :

Fêtes qui fâchent

Ce n'est pas parce que c'est Noël qu'il ne faut pas parler des choses qui fâchent. Ainsi, une pensée de la rédaction ira aux salariés licenciés de Bosal, d'Hebdoprint-Comareg et à tous les autres. Eux, ce soir, vont se mettre à table avec du dégoût en guise d'apéro, de la haine en plat de résistance et le Pôle Emploi pour le dessert. Courage...

samedi 24 décembre 2011

Dure réalité du marché de l'emploi

Reçu sur la boite mail du Blog :

Je trouve que dans ce blog, la détresse face à la réalité du marché de l'emploi n'est pas du tout évoquée !
C'est sûr que c'est bien beau de toucher des indemnités mais après ?!
Personne n'en parle !

Que faire quand on vous demande au minimum un bac+2 dans une offre d'emploi !?

Je n'entends personne se plaindre de la dure réalité des cv, lettres de motivation, entretiens et périodes d'essai !?

Pour moi, ça a été le parcours du combattant ! Et vous ?

mardi 20 décembre 2011

Article : Marsactu


La Provence raconte l’histoire d’un patron pris en otage par ses salariés. Mais oublie de préciser que c’est son PDG. C’est ballot, non ?

Dominique Bernard à gauche et Philippe Hersant à Nice Matin
Bon après cette dure et bien triste journée encore pour Marseille, c’est l’heure de rire un peu. Et comme d’habitude en se payant (gentiment) la tête de nos camarades de l’avenue Salengro. La Provence a en effet publié ce matin en fin de journal, dans la rubrique « France » une information assez amusante, si l’on ose écrire. Dans une bien discrète brève on apprenait en effet que Dominique Bernard, le directeur général du Groupe Hersant Média avait été retenu hier pendant plus de 5 heures au siège du journal l’Union de Reims où il était en réunion.
Ce sont des salariés de la Comareg, dont vous nous avons déjà parlé ici, et dont La Provence n’ a jamais écrit un mot, qui victimes du plus gros plan social de l’année, souhaitaient obtenir une rallonge à leurs indemnités légales de licenciement. Et comme apparemment ils ont un peu de mal à obtenir un rendez-vous avec Philippe Hersant, ils ont retenu son bras droit en otage hier à Reims, jusqu’à obtenir un rendez-vous avec l’actionnaire majoritaire de GHM. Ce qui leur a été accordé, et ce pauvre Dominique Bernard a pu être libéré.
Jusque là rien de très folichon. Sauf que La Provence a oublié de préciser à ses lecteurs deux informations importantes. La première étant que GHM est son actionnaire, et la seconde que Dominique Bernard est aussi le PDG de La Provence. Voilà, c’est fait. Rien de bien grave, mais ça fait toujours un peu sourire.

SURPRISE !!! Nouveau logo MAX AFFAIRE

Reçu sur la boite mail du Blog :


SURPRISE !!! Nouveau logo MAX AFFAIRE / Ça me rappelle quelque chose…


lundi 19 décembre 2011

Question

Reçu sur la boite mail du Blog :

En date du 02 Décembre nous avons tous reçu notre notification de
licenciement par Maître WALCZAK , hors ce courrier nous notifie un préavis
courant jusqu'au 02 Février 2012 , ce qui en d'autres termes signifie une
prise en charge par POLE EMPLOI à compter de cette même date.
Le simple fait d'être dispenser de préavis par son employeur lui impose un
règlement au moins égal à ces deux mois d'activités , quand allons nous
être réglé de ces deux mois de préavis , car dans l'attente nous ne serons
indemnisés par POLE EMPLOI qu'à compter du 02 FEVRIER , donc à régler pour
fin Février début MARS....rien avant..

vendredi 16 décembre 2011

Info CE Comareg

Reçu dans "Nouvelles Conversation" :

Bonjour à toutes et à tous,

Voici quelques informations utiles données par la Direction:

- Demain, vendredi 16/12/2011 partira un courrier à l’ensemble des collaborateurs licenciés dans le cadre de la liquidation, concernant la portabilité et précisant les modalités pour en bénéficier. Les personnes souhaitant en bénéficier devront renvoyer par retour le coupon réponse accompagné d’un chèque (montant sera précisé dans le coupon réponse). Ceux qui ne souhaitent pas en bénéficier devront également répondre par coupon réponse sous 10 jours.

- Les tickets restaurant seront aussi envoyés à partir de demain par courrier

- Concernant les sommes (salaires, primes ou autres) que les AGS ont contestées (pour la période du 1er au 21 novembre), toutes informations utiles ont été portées à leur connaissance. En conséquence, plus aucun dossier n’est bloqué. Les virements ou compléments de virements correspondant devraient suivre semaine prochaine pour les personnes qui ont eu des erreurs sur leur salaire (du 1er au 21 novembre)

•Conformément aux engagements pris par le mandataire, un nouveau virement sera fait pas les AGS juste avant Noël pour la période du 22.11.11 au 30.11.11 + CP arrêtés au 31.10.11.

•Attention, une précision importante : il n’est plus possible de revenir sur sa décision d’adhérer au CSP ou non après la fin du délai de réflexion.

•Pour les personnes en arrêt maladie, il faut adresser vos relevés d'indemnités journalières sécurité sociale à Gras Savoye directement, c'est eux qui vous verseront votre complément de salaire.

Bon courage à tous et à toutes 

16 décembre 2011 17:59

Question mutuelle et autre

Reçu sur la boite mail du Blog :

Je souhaiterai savoir où en sont les dossier pour le maintien de la mutuelle, avez vous reçu les fameux courriers annoncés pour cette semaine? par recommandé? la portabilité est elle sous condition d'ancienneté? Etant récemment embauchée à Comareg, je n'ai pas d'accès au site du CE et ne m'informe que via ce blog. Or je n'ai toujours rien reçu.

Ne pouvant pas bénéficier de la CSP non plus j'ai donc un préavis de 2 mois du 2 décembre au 2 février, les papiers pour s'inscrire au pôle emploi viendront ils après cette date? Qu'en est il des soldes de tout compte? 

Derniere question, les tickets restaurant annoncés reçus le 5 décembre à Lyon ont ils été envoyé? car de ce coté je n'ai toujours rien reçu non plus..

Virement

Reçu dans "Nouvelles Conversations" :

reçu un virement aujourd'hui mais d'ou vient il
car toujours pas de fiche de paies ni si on sera payé par le csp quoi on ne sait rien y en a marre!!!!!!! 

RDV Annulé

Reçu dans "Nouvelles Conversations" :

Le ministre François Baroin a annulé son rendez vous avec les elus Comareg prévu aujourd hui.... 

Offre : Synergie

Reçu sur la boite mail du Blog :

jeudi 15 décembre 2011

Collectif Comareg

Copié sur le site du CE :


COMAREG communiqué pour création d'un collectif le 14/11/2011

Par jugement du 3 novembre 2011, le Tribunal de commerce de Lyon a prononcé la liquidation judiciaire de la société COMAREG entrainant le licenciement de l'ensemble des salariés de son effectif.

Compte tenu de la contestation émise par nombre d'entre eux sur l'origine et les conditions de ces licenciements le Comité d'Entreprise a mis en place une convention d'assistance juridique avec un cabinet d'avocat.

Dans le cadre de celle-ci et après avoir réuni l'ensemble des informations nécessaires notamment par le biais de l'expert comptable et du Cabinet Sécafi ayant assisté le Comité d'Entreprise depuis plusieurs années, il sera envisagé l'introduction de procédures individuelles de contestation devant le conseil de prud'hommes de Lyon.

A cet effet il est prévu la constitution d'une association des anciens salariés de l'entreprise dont les représentants assureront un lien entre les anciens salariés et les conseils des institutions représentatives du personnel qui seront également appelées à disparaitre.

Il est donc important de connaitre d'ores et déjà les salariés qui seraient intéressés pour adhérer à une telle association et envisager une procédure devant le conseil de prud'hommes pour que les modalités pratiques d'un éventuel recours puissent être élaborées,

Donc envoyez nous vos coordonnées (nom, adresse mail et téléphone) sur le mail si vous souhaitez adhérer sur le mail suivant:


Nous reviendrons vers vous rapidement pour vous donner les modalités d'inscription à ce collectif d'ancien salariés.....

Nous restons à votre écoute


La Secrétaire du CE COMAREG

Article : Le Point

Le Point - Publié le 15/12/2011 à 00:50
Cela fait dix ans que l'ancienne halle aux grains de Villefranche-sur-Saône a été transformée en musée municipal pour accueillir les généreuses donations de Muguette et Paul Dini. Le fondateur de la Comareg - un groupe de presse gratuite qui éditait notamment Paru Vendu- et ancien patron du Dauphiné libéré a offert au musée 667 oeuvres qui retracent l'histoire de la vie artistique de la région depuis le préimpressionnisme jusqu'à la période contemporaine.
Pour fêter cet anniversaire, le musée rend hommage jusqu'au 12 février 2012 à Suzanne Valadon, à son compagnon André Utter et à Maurice Utrillo, son fils, qui séjournèrent à Anse et achetèrent en 1923 le château de Saint-Bernard. Cette exposition rassemble 150 peintures réalisées entre 1909 et 1939, dont 40 oeuvres appartenant au musée de Villefranche, ainsi qu'une centaine de documents et photographies. Un superbe hommage à ceux que l'on appelait "la Trinité maudite" du fait de leurs relations tumultueuses.

mercredi 14 décembre 2011

Offre : MAXAFFAIRE

Reçu sur la boite mail du Blog :

Question

Reçu dans "Nouvelles Conversations" :

covoquer par le pole emploi demain a reims et vous? avez vous des nouvelles de notre virement
soit disant avant les fetes ? plein de questions mais pas beaucoup de reponse comment fait on pour avoir des nouvelles
merci !!!!!!!
ex tinqueux 

Info : Midi Libre

Nîmes La cour d’appel attribue 12 M€ aux ex-Richard-Ducros

Midi Libre
13/12/2011, 16 h 06 | Mis à jour le 13/12/2011, 17 h 45
Le délégué CGT de l'entreprise a déclaré que cette décision "fera jurisprudence".

Le délégué CGT de l'entreprise a déclaré que cette décision "fera jurisprudence". (PHOTO D'ILLUSTRATION - A. B.)
La cour d’appel de Nîmes a confirmé le jugement du TGI d’Alèsqui condamnait le groupe Fayat à payer 12 millions d’euros pour abonder le plan de sauvegarde de l’emploi de Richard-Ducros. La société alésienne, rachetée par Fayat, avait été mise en liquidation quelques mois plus tard
"C’est une décision qui fera jurisprudence"
Au lieu des 1 500 € prévus, les 284 salariés licenciés recevront un peu plus de 40 000  
 pour la formation, la reconversion ou encore la création d’entreprise. "C’est une décision qui fera jurisprudence", a déclaré Richard Valmalle, délégué syndical CGT de Richerd-Ducros. "Cela fera réfléchir les entreprises avant d’acheter une société pour la détruire. La justice a reconnu la responsabilité de Fayat qui refusait de se considérer comme l’employeur".

Article : Acrimed

La presse quotidienne que l’on dit « gratuite »

par Jean Pérèsle 14 décembre 2011
Des deux grandes composantes de la presse quotidienne gratuite, la presse gratuite d’annonces (PGA), qui diffuse des petites annonces, et la presse gratuite d’information (PGI), la première est en totale déconfiture, alors que la deuxième se porte fort bien. Elle est même devenue un acteur dominant dans la sphère, devenue relativement étroite en France, des journaux quotidiens d’information générale. Mais, si l’on peut dire : à quel prix !
Dernier épisode du déclin de la presse gratuite d’annonces, la mise en liquidation judiciaire, le 3 novembre 2011, de la Comareg et de son centre d’impression, Hebdoprint. Cette faillite de filiales du groupe Hersant Média (GHM) de sinistre réputation [1], provoque le licenciement de 1650 salariés : triste record des plans de licenciement de l’année 2011, après celui de 758 salariés en février dernier dans le même groupe. La Comareg éditait Paru Vendu, le nº 1 de la presse gratuite d’annonces, en France avec 280 éditions locales et 15 millions de lecteurs hebdomadaires. Endettée à hauteur de 250 millions d’euros, la Comareg, et surtout ses salariés, sont victimes de la migration et de la gratuité des petites annonces sur Internet, qu’elle n’a pas su anticiper.
Le « gratuit » se vend bien
Le contraste est saisissant avec la presse gratuite d’information, et tout particulièrement la presse quotidienne qui nous intéresse ici (Métro20 MinutesDirect Matin, réseau Ville Plus) : les journaux quotidiens que l’on dit « gratuits » Gratuits ? L’apparence de gratuité de la presse dite « gratuite » tient à la distance et aux médiations qui séparent ses consommateurs-lecteurs de ses biens réels acheteurs. Financés par la publicité qu’ils diffusent, les journaux « gratuits » sont en réalité payés par les consommateurs, non pas quand ils acquièrent le journal, mais quand ils achètent les marchandises. Car dans le prix des marchandises sont évidemment intégrés les frais de publicité. Payé à l’avance par les consommateurs des produits qu’il promeut, le journal peut ainsi s’offrir le luxe de se présenter comme « gratuit ».
Ces journaux sont devenus en moins de dix années les premiers quotidiens d’information générale en France, tant par la diffusion [2] que par leur audience, c’est-à-dire le nombre de leurs lecteurs [3]. Et pas seulement en France : Métro International est devenu dans le même temps le premier quotidien mondial d’information générale, loin devant les japonais et le New York Times, avec 7 millions d’exemplaires diffusés et 17 millions de lecteurs. Cela dit, les gratuits ne sont pas (encore) rentables en France (les « payants » non plus), à l’exception notable de 20 Minutes depuis 2008. Métro, déficitaire en France fait des bénéfices au niveau international.
Une telle progression est unique dans l’histoire de la presse quotidienne. Elle peut paraître d’autant plus étonnante qu’elle intervient dans un moment où ladite presse connaît une accélération de la crise la plus grave de son histoire qui l’affecte depuis le début des années soixante-dix [4] Mais en dernière analyse, elle apparaît bien plutôt comme la conséquence logique de l’évolution d’ensemble de la presse dite « payante ».
Dans le métro en 20 minutes
Le « lecteur-consommateur » que les études de marché désignent comme cible du marketing intensif des gratuits est jeune, vit dans des villes plutôt grandes, et il a un travail : jeune actif urbain, telle est en trois mots la proie des quotidiens gratuits, tous titres confondus. Proie d’autant plus vulnérable qu’elle lit généralement peu les quotidiens traditionnels.
C’est pourquoi les producteurs de « gratuits » choisissent les grandes villes comme unité géographique de diffusion, et dans ces villes les lieux où il peut atteindre sa cible. S’agissant d’ « actifs », ce sera les transports en commun à l’heure où les actifs les utilisent pour aller au travail, soit le matin entre 7h et 9h, et aussi d’autres lieux, universités, Disneyland, MacDonald, cafés, Club Med, centres commerciaux, parkings, cinémas, investis par cette catégorie de population [5]. 20 Minutes propose même un service de livraison aux entreprises intéressées, à la condition qu’elles soient d’une certaine dimension.
La distribution des journaux est ainsi assurée directement par des équipes de colporteurs ou au moyen de dépôts dans des présentoirs sur les zones de passage. Le lecteur est servi, il n’a pas à se déplacer dans un lieu spécifique comme pour le reste de la presse. Cette différence est fondamentale : le quotidien payant ne s’adresse pas directement à ses lecteurs ou, du moins, ne peut que chercher à les attirer sur son lieu de vente où il est en concurrence avec tous les autres journaux ; le gratuit, au contraire, va directement au devant de son lectorat et ne doit affronter que la concurrence (assez farouche, il est vrai) des autres gratuits.
Les périodes de distribution sont également calées sur la « cible » : les gratuits ne paraissent que cinq jours par semaine, pas le samedi ni le dimanche, ni les jours fériés, ni pendant les vacances scolaires, ces moments où le gros de la « cible » ne travaille pas et qui sont peu favorables aux investissements publicitaires. Exemple célèbre : les gratuits n’ont pas relaté, dans la semaine qui l’a suivi, le tsunami du 26 décembre 2004, puisqu’ils ne paraissaient pas [6]. La forme et le contenu du journal sont également choisis en fonction de la cible à atteindre (« jeune actif urbain »), dont les goûts et comportements font l’objet d’études constantes. Pour ce faire, les gratuits ont recours à des sociétés spécialisées.
Ainsi, pour Métro, selon Isabelle Saint-Pol, directrice marketing et communication chez Métro  : « Grâce à son panel de 45 000 lecteurs dans dix pays, Métro observe en permanence les modes de vie urbains. Il a dressé en 2008, en partenariat avec GFK [3ème groupe mondial d’études de marché], un portrait du consommateur urbain d’information : il valorise la liberté et le choix dans tout ce qu’il fait, il personnalise sa consommation, scrute tout, recherche le divertissement dans son travail et ses relations sociales. Il cherche à collaborer avec les autres en exigeant d’eux intégrité et transparence. Il s’attend à ce que tout lui arrive vite et avec une touche systématique d’innovation. D’où la création permanente de nouvelles propositions éditoriales, de nouveaux formats publicitaires, et le lancement international en août dernier d’une formule totalement nouvelle de Métro qui sera déclinée dans tous les pays, le Chili, la Suède et la France ayant fait office de pays pilotes [7].
20 Minutes a recours à Asterop, spécialiste du « géomarketing décisionnel », ainsi que le relève Dominique Kalfon : « Le gratuit a donc fait appel, dès 2006, à la technologie et aux bases de données d’Asterop qui exploite des informations liées au recensement général de la population et des bases constituées sur la nature sociodémographique des emplois. Le but : déterminer les points de distribution et équilibrer les volumes des différentes éditions [8] ».
Quant à Direct Matin, il bénéficie, selon Marie Bénilde, d’un agent de poids : « … le milliardaire Vincent Bolloré confie la conception éditoriale de ses quotidiens gratuits à une agence de publicité, Euro RSCG, et à son patron, Jacques Séguéla, vice président du groupe Havas, dont l’industriel est le propriétaire » [9].
Conséquences de cette sollicitude : « On met l’accent – selon Rémy Rieffel - sur le visuel, sur les différents niveaux de lecture possible, sur le discours rapporté (micro-trottoir, interview en trois questions, citation du jour, sondage, etc.)… L’information doit donc apparaître comme divertissante, mettre en exergue le côté « fun » de l’existence : on insistera alors volontiers sur les loisirs, les sorties, le sport, les nouveaux objets high tech, le Net, les derniers potins concernant les personnalités people, etc. [10] ».
La présentation des gratuits est donc soignée (impression de qualité, couleur, photos) pour signifier que la gratuité n’est pas synonyme de baisse de qualité et ne pas rebuter les annonceurs haut-de-gamme, ainsi que le souligne Pierre-Jean Bozo, président de 20 Minutes France : « Il faut que ce soit un sans faute au niveau technique afin de permettre aux annonceurs, comme l’Oréal par exemple, d’acheter des encarts publicitaires dans le titre sans crainte [11]. »
La « une » reproduit le modèle des quotidiens classiques (parfois en deuxième position après une page de publicité) désignant ainsi leur appartenance à la même famille. En même temps, la mise en page est fortement inspirée par les sites Internet et la culture du zapping. Les articles sur l’actualité internationale ou nationale sont aussi dépolitisés que possible, conformément aux souhaits de la « cible » (ou, plus exactement de leurs « désir sondés »…) et surtout à l’intérêt des annonceurs qui souhaitent un « environnement » consensuel et craignent que des positions trop tranchées ne réduisent le nombre de lecteurs-consommateurs.
Enfin, la présence de pages locales, facilitée par l’édition par villes, répond au souci d’une information de proximité à laquelle les lecteurs de « gratuits » sont sensibles, ainsi que les annonceurs locaux (100% des recettes du réseau Ville Plus). Tout est construit en fonction des attentes réelles ou supposées de la cible convoitée et de ses capacités d’ingestion d’informations et de publicités dans le temps et les conditions du transport vers le lieu de travail.
Au moindre coût
C’est une coïncidence pour le moins heureuse que les prétendues attentes des lecteurs des « gratuits » correspondent généralement, comme nous venons de le voir, aux souhaits des annonceurs. C’en est une autre, tout aussi heureuse, que ces attentes soient satisfaites par la solution généralement la moins onéreuse pour le journal : articles courts récupérables auprès des agences de presse, les fils d’information, Google, etc., ou encore, comme chez Métro, des articles stockés dans la banque d’articles du groupe mondial et disponibles pour chaque entité locale.
Pour satisfaire à ces besoins rédactionnels, une équipe réduite de journalistes polyvalents (= bons à tout faire) suffit, en nombre bien moindre que ceux des payants et moins bien payés : « Pour vendre 100 000 exemplaires, un payant rémunère en moyenne 180 journalistes alors que pour la même diffusion, le gratuit n’emploie qu’environ une vingtaine de personnes, souligne Alain Joannès [12]… Tandis que Rémy Rieffel précise : « Ces journaux et magazines gratuits ont tendance à recruter des jeunes qu’ils rémunèrent peu (les salaires sont en moyenne inférieurs de 25% à ceux de la presse parisienne payante) à faire appel à une armada de pigistes au statut précaire et à externaliser certaines tâches. C’est le cas de 20 Minutes, qui soustraite à de petites agences certaines rubriques telles que "Paris Guide" ou "Coulisses TV" ». [13].
Si bien que l’on peut se demander si le choix du moindre coût n’est pas plus décisif que celui de la cible, ainsi que le laissent clairement entendre plusieurs auteurs (Dominique Augey, Marie-Christine Lipani Vaissade, Denis Ruellan et Jean-Michel Utard) : « Le recours important aux dépêches et aux communiqués, abondants et peu chers, se justifie d’un point de vue économique, et leur usage vient légitimer le projet éditorial. Autrement dit, les créateurs de journaux gratuits, et les équipes qui animent ceux-ci maintenant, n’ont pas choisi d’apporter une matière concise et "factuelle" au lecteur, au détriment d’une approche fouillée et analysée ; ils ont estimé que le coût de revient de cette information était infiniment plus bas et que, dans le contexte de la gratuité, c’était la seule qui puisse être fournie, du moins dans un premier temps. » [14]. La technique du marketing consisterait alors à convaincre les « jeunes actifs urbains » que cette forme d’information correspond à leurs besoins alors qu’elle n’est que le produit d’une rationalisation maximale des coûts. 
Cette politique du coût minimum s’étend à la distribution et à l’impression. La distribution autonome des gratuits engendre des coûts qui s’élèvent pour Métro, par exemple, à 30% du coût total, ce qui est inférieur à ceux de la presse payante, pourtant mutualisés. Les frais d’impression, quant à eux, ont été négociés au plus bas prix, sachant que les contraintes temporelles imposées par l’actualité sont beaucoup plus importantes pour les « payants » que pour les « gratuits ». L’impression des « gratuits » demande moins de main d’œuvre, permet de faire tourner les rotatives sous-utilisées et, du point de vue du syndicat du Livre, de maintenir des emplois. Ce sont ces éléments que souligne Emmanuel Schwarzenberg : « Quand on imprime un payant, le démarrage des rotatives est retardé au maximum pour incorporer les informations de dernière minute… Un gratuit, en revanche, n’a pas besoin d’être livré à une heure précise, à la minute près. Il peut prendre place sur la rotative à n’importe quel moment et il peut même passer d’un imprimeur à l ‘autre. Cela lui permet d’obtenir de meilleures conditions financières. En fait les gratuits sont imprimés sur les rotatives des quotidiens payants aux tarifs du labeur, c’est-à-dire des magazines, avec des coûts inférieurs d’au moins 25% à ceux du marché. Sinon davantage. L’impression de Métro est ainsi facturée trois fois moins cher que celle d’un payant » [15].
Partout
Minimaliste, aseptisée, anhistorique et apolitique, distrayante et peu coûteuse : l’information selon les « gratuits » a toutes les caractéristiques d’une formule qui peut se greffer sur n’importe quelle partie du monde, pourvu qu’il y ait des villes, des transports en commun et des annonceurs. Comme un modèle de voiture, une marque de boisson ou de hamburger peuvent le faire à leurs conditions spécifiques. Cette capacité de reproduction à l’échelle régionale pour Direct Matin, régionale et internationale pour Métroet 20 Minutes est une première dans l’histoire de la presse écrite.
Direct Matin produit 12 éditions régionales, dont certaines sont réalisées en partenariat avec le réseau Ville Plus auquel participe aussi la presse quotidienne régionale payante. 20 Minutes a 12 éditions en France (avec, depuis 2011, une édition nationale diffusée dans 20 villes moyennes) 14 éditions en Espagne, et 7 en Suisse. Quant à Métro, il est présent dans 15 villes en France, et produit 130 éditions dans 22 pays sur tous les continents sauf l’Afrique.
Facilitée par l’uniformisation des modes de vie, l’urbanisation et le développement des transports en commun, et contribuant en retour à cette uniformisation, les « gratuits » se distribuent dans le monde entier à la même cible (jeune-actif-urbain), selon les mêmes méthodes, évidemment adaptées aux conditions locales.
Du payant au gratuit 
Paradoxalement, les « gratuits » nous viennent de pays scandinaves où la presse quotidienne payante est la plus lue d’Europe : de Suède pour Métro et de Norvège pour 20 Minutes. En Suède, on compte 472 exemplaires de journaux vendus pour mille habitants, soit 4 fois plus qu’en France. En Norvège, ce sont 607 exemplaires pour 1000 habitants [16]). Ils sont lancés par des groupes qui ont une certaine capacité financière, le fond d’investissement Investment AB Kinnevik via sa filiale Modern times group pour Métro (Suède, 1995), Schibsted ASA pour 20 Minutes (Norvège, 1997). Direct Matin est un produit purement français du groupe Bolloré(2008) [17].
Lancés d’abord en Suède pour Métro et en Suisse pour 20 Minutes, les deux gratuits internationaux ont pénétré en France en 2002. Ils y furent d’abord très mal accueillis. Les ouvriers du Livre ont pris à partie les colporteurs de Métro et détruit nombre d’exemplaires du journal, parce que l’impression du gratuit se faisait en-dehors de leur contrôle, dans des imprimeries dites de « labeur ». Les quotidiens payants, de leur côté, ont protesté contre une presse au rabais qui leur faisait une concurrence déloyale. Mais très vite, et même parfois en même temps -, ce qui a pu éveiller le soupçon d’un double jeu, notamment de la part de la direction du Monde (lire Le double jeu duMonde ? ) la pratique a été plus conciliante, et les « gratuits » se sont assez rapidement inscrits dans le paysage médiatique et le mobilier urbain où ils ne dérangent apparemment plus personne. On peut même parler d’intégration des gratuits dans les médias de l’hexagone. Ainsi, Ouest-France détient 50% de 20 Minutes France, tandis que Le Monde détient de son côté 30% (avec possibilité de monter à 50%) de Direct Matin qu’il imprime sur ses rotatives (jusqu’en 2010) ainsi que la moitié de l’édition parisienne de 20 Minutes. Exemple le plus récent, Métro France est devenu fin juin 2011 propriété à 100% de TF1 (groupe Bouygues). Du côté de la presse quotidienne régionale (PQR), le réseau Ville Plus des groupes Socpresse (Dassault) et Hachette-Filipacchi-Médias (Lagardère) puis Hersant Média (2007), en partenariat avec le groupe Bolloré éditent des gratuits dans des villes de province pour concurrencer Métro et20 Minutes.
Ainsi, certains des grands groupes de médias ont associé les « gratuits » à leur stratégie commerciale. Ce qui leur permet certains échanges de bons services, généralement ignorés du grand public, entre entités du même groupe. Direct Matin, du groupe Bolloré, peut ainsi consacrer 3 pages (fait exceptionnel pour un gratuit) de son édition du 5 décembre 2011 à la promotion extasiée du dispositif Autolib’ des voitures électriques en libre service en Ile-de-France conçu par le groupe…Bolloré ; et cela sans la moindre indication de publicité. C’est le même Direct Matin qui met systématiquement en exergue les programmes des deux chaînes du même groupe Bolloré, Direct 8 et DirectStar. Bouygues n’est pas plus gêné de faire dansMétro, qui lui appartient désormais, la promotion de sa chaîne de télévision, TF1, et de son entreprise de travaux publics [18]. Mais l’essentiel n’est pas là, il est plutôt dans le fait que les journaux payants, après une rébellion de façade, ont adopté les gratuits ; soit par des participations directes, comme Le Monde et Ouest-France, soit en créant leurs propres gratuits, comme une bonne partie de la presse régionale, soit encore sur le plan des contenus, comme Le Monde et Courrier International (du groupe La vie Le monde) qui fournissent chaque jour des articles à Direct Matin.
Peu concurrentiels sur le plan de l’audience puisqu’ils touchent un lectorat différent de celui des payants (sauf pour la presse régionale), les gratuits sont surtout dangereux pour eux en raison de leur succès auprès des annonceurs. Du fait de leur audience spécifique croissant en permanence, et pour d’autres raisons (cible mieux définie, projets publicitaires plus faciles à gérer pour les agences de publicité parmi lesquelles on compte Euro RSCG, qui fait partie de Havas contrôlée par Bolloré depuis 2005), les gratuits d’information quotidienne ont drainé une part également toujours croissante des recettes publicitaires (même en 2009, année noire de la publicité), quand celles des payants baissaient continûment. Et on sait que la question des recettes publicitaires est au cœur de la crise de la presse payante.
C’est pourquoi on peut penser que l’adhésion, sous différentes formes, des « payants » aux « gratuits », est pratiquée par les « payants » pour tenter de pallier partiellement à leurs propres difficultés. Mais, en prenant le recul historique nécessaire, on peut se demander si le « gratuit » et son financement par la seule publicité ne sont-ils pas la forme aboutie d’une tendance lourde au sein de la presse payante elle-même. N’a-t-on pas vu la presse quotidienne nationale et plus encore la presse magazine faire de plus en plus de place aux exigences des annonceurs, jusqu’à modifier, voire inverser leur politique éditoriale ? Toute l’histoire d’un quotidien commeLibération en témoigne, et à bien des égards, celle des autres journaux.
Dominique Augey, Marie-Christine Lipani Vaissade, Denis Ruellan et Jean-Michel Utard, déjà cités, résument ainsi l’inscription des « gratuits » dans l’histoire de la presse : « Les journaux gratuits instaurent moins une rupture par rapport au journalisme de la presse payante qu’ils ne radicalisent les évolutions que celle-ci a engagées de longue date. Ils sont la partie visible d’un iceberg constitué par la marchandisation du produit presse. La presse se repense en profondeur. Elle raisonne en termes de marché, de concurrence, de satisfaction du lectorat, d’efficacité des espaces publicitaires. Le changement majeur des dernières années est la syndication publicitaire. A l’intérieur d’un même groupe de presse ou entre groupes de presse différents, les journaux s’allient dans le but de rendre leur espace publicitaire plus attractif pour les annonceurs [19]. » 
Ce qu’un autre auteur (Dominique Marty) affirme à son tour : « La PQN [Presse Quotidienne Nationale] semble avoir plié sous le poids de la concurrence des autres médias, bien avant Internet et les gratuits. Appauvrissant son style, allégeant sa densité, « relookant » sa mise en page, elle s’est progressivement aseptisée. En voulant séduire le lecteur et ménager son travail en réception, on peut penser qu’elle l’a rendu plus passif, plus assisté, proposant un contrat de lecture basé sur le confort cognitif. La PQN a opéré ce changement par glissements successifs, subrepticement, mais a par ce biais ouvert la voie à une Presse Quotidienne Gratuite volontairement minimale » [20]. On ne saurait mieux dire.
Un nouveau modèle économique
Le modèle économique classique de la presse est celui d’un double financement : par les lecteurs qui achètent le journal, et par les annonceurs qui achètent des espaces publicitaires. Ce double financement a été et il est encore source de tensions permanentes dans la mesure où la liberté de l’information, chère aux journalistes et aux lecteurs, peut porter quelque préjudice à l’autre financeur, les entreprises, via des reportages, des approches critiques les mettant en cause.
Or, ce modèle dominant semble irréversiblement en déclin,, la baisse constante des ventes n’étant pas compensée, malgré des efforts pathétiques en ce sens, par un surcroît de recettes publicitaires, et inversement, la baisse des recettes publicitaires n’étant pas compensée par une augmentation du nombre des lecteurs. La presse gratuite opère une rupture avec ce modèle en se finançant par la seule publicité. Cette rupture redéfinit ouvertement le journal comme fournisseur de clients aux annonceurs, et réoriente toutes ses composantes, formelles comme de contenu, dans ce sens. Le lecteur n’est alors sollicité qu’en tant que consommateur, qu’il s’agisse indifféremment des annonces ou des articles, puisqu’il n’y a plus de contradiction entre eux, puisqu’ils doivent avant tout séduire ce lecteur et non pas, par exemple, l’instruire, l’éduquer, ou simplement l’informer un peu sérieusement. Le « gratuit » est une marchandise à part entière, ou plutôt une publicité à part entière, déguisée en journal. Comme le dit Rémy Rieffel : « Ils ne vendent pas prioritairement du contenu à des lecteurs-consommateurs, mais des lecteurs-consommateurs (une audience) à des annonceurs [21]. »
Ce nouveau modèle a l’incontestable mérite d’avoir résolu la contradiction devenue insoutenable entre les exigences des annonceurs et celles des lecteurs. Et cela en faveur des annonceurs, qui lui sont d’ailleurs chaque jour reconnaissants. Quant aux lecteurs…
Jean Pérès

Notes

[1] Voir notre article : « Groupe Hersant Média : c’est la crise ? ».
[2] Sur l’année 2010, 20 Minutes est en tête avec 769 503 exemplaires, devançant de peu Direct Matin, 743 169, Métro étant 3ème avec 674 923 exemplaires ; on trouve ensuite les payants : Le Parisien-Aujourd’hui en France, 462 403, Le Figaro, 332 120, et Le Monde, 322 872. (OJD, 9 novembre 2011).
[320 Minutes est toujours en tête avec 2 759 000 lecteurs, devant Métro, 2 401 000, suivi par Le Parisien, 2 206 000, et Le Monde, 1 823 000, puis Direct Matin, 1 807 000, et Le Figaro, 1 220 000 (Etude EPIQ 2010, sur le site Audipresse)
[4] Une crise que nous avons déjà évoquée, notamment avec Bernard Poulet : voir le compte rendu de son livre et son intervention au « Jeudi d’Acrimed » dont il était l’invité.
[6] Comme le relève Marie Bénilde dans On achève bien les cerveaux : les médias et la publicité, Raisons d’agir, 2007, p. 87-88.
[7Revue des Marques N°68, octobre 2009),. »
[8] Dominique Kalfon, « 20 Minutes à l’heure du géomarketing », in Marketing directN°134, décembre 2009.
[9] Marie Bénilde, op.cit. p. 95
[10] Rémy Rieffel, Mythologie de la presse gratuite, Le Cavalier Bleu, 2010, p. 36-37.
[11] Pierre-Jean Bozo, président de 20 Minutes France, in Le temps des médias, N°6, 2006, p. 207.
[12] Alain Joannès, Le journalisme à l’ère électronique, Vuibert, 2007, p. 22.
[13] Rémy Rieffel, op. cit. p. 53-54.
[14] Dominique Augey, Marie-Christine Lipani Vaissade, Denis Ruellan et Jean-Michel Utard, « Dis à qui tu donnes… La presse quotidienne gratuite ou le marketingdu don », in Le journalisme en invention : nouvelles pratiques, nouveaux acteurs, p. 104
[15] Emmanuel Schwarzenberg, Spéciale dernière, Calmann-Lévy, 2007, p. 211-212
[16] André Schiffrin, L’argent et les mots, La Fabrique, 2010, p. 38
[17] Sur le groupe Bolloré et les médias, voir notre article.
[18] À lire sur notre site.
[19] Dominique Augey et al. op. cit. p.119.
[20] Emmanuel Marty, « Journalismes, discours et publics : une approche comparative de trois types de presse, de la production à la réception de l’information » Thèse en vue de l’obtention du Doctorat de l’Université de Toulouse délivré par : Université Toulouse 2 Le Mirail (UT2 Le Mirail) Discipline ou spécialité : Sciences de l’Information et de la Communication. Présentée et soutenue le 5 novembre 2010.
[21] Rémy Rieffel, op. cit. p. 11