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lundi 19 mars 2012

Article : Décideurs

ArticlesEntretien avec Bernard Thibault, Secrétaire Général de la CGT

Dans cette période électorale, la médiatisation des situations ne relève pas que de la volonté ou de la détermination des salariés. Nous constatons une dérive médiatique consistant à privilégier les opérations spectaculaires aux mobilisations massives. 


Entretien avec Bernard Thibault, Secrétaire Général de la CGT

Décideurs. Quel est l’impact de la situation économique actuelle sur le dialogue social au sein des entreprises françaises ?

Bernard Thibault. Le dialogue social est fortement déterminé par les marges de manœuvre réduites, voire inexistantes, laissées aux directions d’entreprises par les actionnaires qui recherchent coûte que coûte une forte rentabilité. Les syndicats d’entreprise sont assaillis de projets de suppressions d’emplois et/ou d’aménagements du temps de travail en ligne avec l’amélioration de la « compétitivité ». Cela vide progressivement de sens cette notion de dialogue social trop souvent vécue comme un simulacre de concertation. Faute d’obligations légales obligeant les employeurs à examiner sérieusement les alternatives des salariés aux projets des directions d’entreprises, ce dialogue tourne à vide.

Décideurs. Ya-t-il un besoin de réformer pour améliorer le dialogue social au niveau des entreprises (par opposition au niveau interprofessionnel et à celui de la branche) ? Si oui, quelles mesures sont envisageables ?

B. T. Au niveau de l’entreprise, il faut donner de nouveaux pouvoirs d’intervention aux représentants des salariés, dépassant la seule possibilité d’émettre des avis sur des projets ficelés. Il faut également faire entrer les salariés dans les conseils d’administration afin qu’ils puissent peser sur les orientations stratégiques. Les négociations annuelles obligatoires doivent être relancées. Pour cela, il faut élargir les thèmes devant obligatoirement faire l’objet de négociation et conditionner l’attribution d’aides publiques à la conclusion d’accords. Il faut enfin, pour prendre en compte l’organisation actuelle de la production et des services, inventer de nouvelles formes de dialogue social dépassant le strict périmètre de l’entreprise pour prendre en compte la sous-traitance, les bassins d’emploi et les filières d’activité. Des comités interentreprises, sur un plan territorial et/ou de filière, doivent permettre aux représentants du personnel de disposer d’une vision élargie des enjeux, des stratégies et de leurs implications sur la situation des salariés.

Décideurs. Dans les situations de crise (plan social, restructuration), quels faux pas du management peuvent conduire à une situation de blocage et comment les éviter ?

B. T. Plutôt que de faux pas, parlons plutôt de la propension des directions d’entreprise à cultiver le secret et à mettre les salariés face à des décisions déjà arrêtées qu’il ne reste plus qu’à soumettre pour la forme au comité d’entreprise. Ce type de démarche conduit bien souvent au blocage. 

Décideurs. Du côté des représentants syndicaux, y a-t-il également des erreurs à ne pas commettre afin de ne pas rompre le dialogue social ? 

B. T. Pour qu’un dialogue soit possible, il faut admettre que les représentants des salariés portent des propositions et qu’elles sont dignes d’intérêt. Il y a peu de cas où les représentants des salariés, lorsqu’ils sont pris au sérieux par les directions, ne saisissent pas les opportunités de négociation qui se présentent. La situation qui a défrayé la chronique récemment [le rejet du plan social de la SNCF par les représentants syndicaux de la société SeaFrance, ndlr] est à ma connaissance isolée. Les syndicats d’entreprise aujourd’hui s’impliquent de façon offensive pour rechercher toutes les solutions possibles pour garantir l’emploi et la pérennité des sites industriels.

Décideurs. Comment expliquez-vous que l’engouement des médias se cristallise sur certains cas particuliers de crise (l’usine Lejaby et ses 93 ouvrières), omettant à l’inverse d’en évoquer d’autres (comme la liquidation judiciaire de Comareg, 1650 licenciements pour lesquels la couverture médiatique a été moindre) ?

B. T. Dans cette période électorale, la médiatisation des situations ne relève pas que de la volonté ou de la détermination des salariés. Il est plus facile de faire un coup médiatique et donc politique en trouvant un repreneur pour 93 salariés que de traiter le cas d’une entreprise de plus grande taille. De façon plus générale, la question de la médiatisation soulève de sérieux problèmes. Nous constatons une dérive médiatique consistant à privilégier les opérations spectaculaires aux mobilisations massives. Les millions de salariés mobilisés en 2010 contre la réforme gouvernementale sur les retraites sont déjà rangés aux oubliettes de l’histoire et les milliers de manifestants du 29 février ne valent pas une image au 20 heures de France 2. Ne nous étonnons pas que les salariés deviennent plus imaginatifs et que leur colère s’exprime de façon parfois spectaculaire. 

Décideurs. Est-il nécessaire d’accepter la perte de dynamisme de certains secteurs d’activités (textile …) afin de se concentrer sur des secteurs plus compétitifs dans lesquels la France bénéficie d’avantages comparatifs (numérique, industrie, high tech …) ? Dans le cas contraire, comment maintenir ces secteurs industriels moins compétitifs (protectionnisme ? nationalisations ?), et ce maintien doit-il être provisoire pour des raisons sociales ou permanent pour des raisons stratégiques et d’indépendance nationale ?

B. T. Attention à cette idée un peu simpliste selon laquelle nous pourrions échapper à des phénomènes de délocalisation dans des secteurs touchant des technologies de pointe et que nous pourrions laisser filer tel ou tel secteur ne faisant pas partie de cette catégorie. 
Il faut mettre sur pied une véritable politique industrielle pour évaluer nos atouts et nos handicaps, définir les secteurs stratégiques pour le pays et les créneaux où il est vital de maîtriser les savoirs faire. Les évolutions technologiques touchent quasiment tous les secteurs. La délocalisation, si elle aboutit à des réimportations de produit, peut aussi outre le dumping social s’accompagner de formes variées de dumping environnemental (émissions de CO², risques liés au transport de produits ou matières dangereux …). La question posée n’est pas celle du protectionnisme mais de l’imposition aux frontières de l’Europe de taxes d’ajustement pour que les mêmes contraintes, notamment en matière environnementale, s’appliquent aux produits consommés en Europe. Quant aux secteurs stratégiques et qui comportent une dimension d’indépendance nationale, il est impératif de les identifier et d’établir une maîtrise publique comme dans l’énergie, les transports… La CGT fait la proposition de plusieurs pôles publics pour concrétiser cette maîtrise. 

Article : Drakkar

Lundi 19 Mars 2012 - 14:22:07

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Les syndicats de Paris-Normandie appellent à la grève pour la journée de lundi
 
Un appel à la grève a été lancé pour la journée de lundi 19 mars par les syndicats Filpac-CGT et SNJ des quotidiens du Pôle normand de GHM (Groupe Hersant Media), a indiqué vendredi un représentant de ces deux organisations. Les éditions des journaux Paris-Normandie, Le Havre Presse, Havre-Libre, du mardi 20 mars ne devraient pas paraître ou leur parution fortement perturbée.
Une manifestation nationale se déroulera lundi devant le ministère du Travail à Paris où des représentants du personnel seront reçus par le cabinet du ministre Xavier Bertrand. Les directions des groupes Hersant et Rossel qui préparent une fusion ainsi que le syndicat patronal de la Presse quotidienne Régionale, ont été invités à participer à la réunion. Leur présence est jugée indispensable par les syndicats.
Les syndicats contestent formellement le contenu du plan social présenté mardi 14 mars au comité d’entreprise avec à la clé la suppression de 112 postes et le départ par licenciements dans la plupart des cas, de 111 personnes sur 305. La catégorie “ouvriers“ et l’imprimerie serait la plus touchée avec 73 départs, celles des employés 8 départs, les cadres 9 départs et les journalistes 21 départs sur une rédaction de 106 personnes. « C’est la demande de la direction. Nous la contestons formellement », a fermement répliqué Benoit Marin, élu SNJ au Comité d’entreprise qui doit se réunir le 4 avril pour discuter du fond du Plan social.

vendredi 16 mars 2012

Article : La Tribune

MÉDIAS - 16/03/2012 | 15:20 - 574 mots

La presse gratuite en mauvaise posture

latribune.fr
Comment va la presse gratuite ? Pas si bien, selon le centre d'études Xerfi, qui prédit la disparition dans les prochaines années de la presse gratuite d'annonces (PGA). La presse gratuite d'information (PGI), dont le quotidien 20 Minutes est le porte-étendard, se porte un peu mieux mais va devoir investir, notamment dans le numérique, pour survivre.
Copyright Reuters
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Ce n'est pas la presse gratuite qui signera l'arrêt de mort des médias "traditionnels", c'est-à-dire payant. Contrairement aux craintes nées lors de son apparition, la presse gratuite, qu'elle soit d'annonces ou d'information, n'a pas réussi à chambouler l'ordre établi et son avenir ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Les experts du centre d'études Xerfi, dans leur étude intitulée "La presse gratuite à l'horizon 2015", prédisent même de grosses difficultés dans les prochaines années. Selon eux, la presse gratuite d'annonce file tout droit vers une mort certaine "dans les dix prochaines années".
Le chiffre d'affaires de la presse gratuite d'annonces en recul de 52% depuis 2007
Si les modèles économiques des journaux de presse gratuite d'annonce et d'information sont très proches - ils sont tous deux basés uniquement sur les revenus liés à la publicité -, leurs résultats en matière de rentrées d'argent diffèrent considérablement. Du côté de la presse d'annonce, les choses vont de mal en pis. Le chiffre d'affaires du secteur, qui a chuté de 52% depuis 2007, devrait encore être divisé par plus de deux en 2012, selon les prévisions du groupe Xerfi. Ce type de presse subit de plein fouet la concurrence des supports numériques, les petites annonces basculant massivement sur la Toile. Par ailleurs, la liquidation judiciaire de la Comareg, société éditrice de "Paru Vendu", pèse lourdement dans le bilan de la presse gratuite d'annonces. Alors que le secteur de la presse d'annonce rapportait encore plus de 510 millions d'euros en 2010, ils ne devraient plus générer qu'un chiffre d'affaires de quelque 70 millions d'euros en 2015.
La presse gratuite d'information résiste...
Pour la presse gratuite d'information en revanche, le tableau n'est pas si noir. Bien que la conjoncture ne soit pas favorable à la presse, le chiffre d'affaires du secteur des journaux d'information gratuits n'a cessé de progresser depuis son apparition, exception faite de l'année 2009. L'effondrement du marché publicitaire en 2009, qui avait durement frappé la plupart des entreprises de presse écrite avec un recul de 9,2% en presse professionnelle et 7,1% en presse nationale, a relativement épargné la presse gratuite d'information qui n'avait subi une baisse que de 3,5% de ses revenus publicitaires. En 2010, le chiffre d'affaires de la presse gratuite d'information s'élevait à un peu plus de 320 millions d'euros, selon les données provisoires de la DGMIC (Direction générale des médias et des industries culturelles).
... mais peine à être rentable
Ce faible recul avait alors attiré les annonceurs. Aujourd'hui, certains journaux gratuits comme "20 minutes" et "Direct matin" tirent a plus d'un million d'exemplaires. La direction de "Métro" a quant à elle préféré s'étendre de manière géographique sans pour autant augmenter son tirage. Mais après des années de pertes, le modèle paraît encore bien fragile. Il n'existe pour l'instant qu'un seul quotidien d'information gratuit rentable en France : "20 Minutes". "Direct matin" vise la rentabilité pour 2013 et "Métro" compte sur son rachat parTF1 et donc les synérgies avec la régie publicitaire et la rédaction de la chaîne de télévision pour atteindre l'équilibre.
Des investissements indispensables
Pour poursuivre sur la voie de la rentabilité, la presse gratuite d'information n'a pas d'autre choix que de nouveaux investissements et levées de fonds. Le numérique s'impose comme un enjeu majeur des années à venir, notamment car le mode de consommation des médias tend à évoluer (mobiles, tablettes, applications smartphones...). "Si tel n'est pas le cas, un arrêt de la parution de "Metro" ou de "Direct Matin" n'est pas à exclure", selon Xerfi. Les voilà prévenus.

mercredi 14 mars 2012

Article : Daily Bourse


Le 14/03/2012 à 12:05

PROJET DE PLAN SOCIAL À PARIS-NORMANDIE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE


La direction de Paris-Normandie et des titres qui lui sont associés, en redressement judiciaire, a présenté mercredi un projet de Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) accompagnant la suppression de 111 postes sur 307, a-t-elle annoncé dans un communiqué.
"L'objectif est de retrouver l'équilibre d'exploitation des titres dès 2013, et de renouer avec les bénéfices en 2015", a précisé Michel Lepinay, président de la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI) qui édite Paris-Normandie ainsi que les titres de la pointe de Caux, Havre Libre, Le Havre Presse et Le Progrès de Fécamp.
Ce PSE présenté lors d'une réunion extraordinaire du comité d'entreprise s'inscrit dans le cadre d'un projet de "plan de développement" prévoyant une nouvelle formule, le développement des activités et une réduction globale des coûts de structure et de production. Il concerne toutes les catégories de personnel et l'ensemble des sites, a indiqué la direction.
Selon les syndicats, figure dans le plan la suppression de 21 postes de journalistes sur 107. "Nous sommes très critiques vis-à-vis de ce plan qui montre que le Groupe Hersant Média (GHM) dont nous dépendons n'assume plus son rôle d'actionnaire", a indiqué Benoît Marin-Curtoud, délégué du SNJ.
"Le véritable objectif de ce plan est de faire remonter les dividendes jusqu'à GHM de manière à ce qu'il garde la main sur ses titres dans le cadre du rapprochement en cours avec le Belge Rossel", a affirmé Steve Beneteau, secrétaire général du syndicat du livre CGT de la SNPEI.
La SNPEI a été placée en redressement judiciaire le 29 février par le Tribunal de commerce du Havre qui a placé l'entreprise en observation pour une période de six semaines avec nomination de deux administrateurs.

jeudi 8 mars 2012

Article : Drakkar

Le personnel des quotidiens du pôle normand de GHM (Groupe Hersant Média) dans l'attente…
 
Le personnel des quotidiens du pôle normand de GHM (Groupe Hersant Média), est maintenant dans l’attente d’un comité d’entreprise extraordinaire le 14 mars où sera présenté le plan social par l’administrateur judiciaire et la direction.
A défaut d’information, les syndicats ne peuvent qu’émettre des hypothèses sur le sort qui sera réservé aux 360 salariés. L’alternative entre une cession si le plan social est adopté, et une liquidation pure et simple en cas d’échec, n’est pas exclue par le SNJ.
De son côté, la direction avait indiqué qu’une nouvelle réorganisation « va permettre d’adapter les titres du pôle aux nouveaux enjeux de la presse quotidienne régionale ». Une nouvelle audience du tribunal de commerce du Havre est prévue le 11 avril.

Source : ANI 
Date : 8/03/2012 09:16

mercredi 7 mars 2012

Article : Challenges

Soutien des députés PS aux ex-salariés de Paru Vendu, en liquidation judiciaire

Créé le 07-03-2012 à 19h15 - Mis à jour à 19h15  

Les députés socialistes ont exprimé mercredi "leur entière solidarité" aux ex-salariés des journaux gratuits Paru Vendu en liquidation judiciaire depuis novembre, "qui vivent dans l'indifférence générale le plus vaste plan social" de 2011, avec plus de 1.650 licenciements.
Le tribunal de commerce de Lyon a prononcé le 3 novembre la liquidation judiciaire de la Comareg, éditeur du leader français de la presse gratuite d'annonces, "Paru Vendu", et d'Hebdoprint, son centre d'impression, sociétés du Groupe Hersant Média (GHM) qui employaient 1.650 personnes.
Dans un communiqué, le groupe socialiste à l'Assemblée, qui a reçu mardi une délégation de ces ex-salariés, souligne que "privés de salaires pendant 2 mois, ils n'ont pas reçu d'indemnités supra-légales" et que "le seul accompagnement dont ils peuvent bénéficier est le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), avec toutes les limites qu'il comporte".
"Au moment où le candidat sortant annonce un référendum sur les chômeurs, il ignore la situation de ces ex-salariés - dont une grande majorité sont des femmes - qui ne sont même pas comptabilisés dans les chiffres du chômage (..) Pourtant le Groupe Hersant Media, qui a décidé cette liquidation, réalise des bénéfices", poursuit le groupe PS.
Rappelant "le Pacte productif" proposé par François Hollande, les socialistes indiquent que, selon leur candidat, "les aides publiques à la presse, accordées sans contrepartie à certains groupes, devront aussi être refondées, en particulier sur le plan des contreparties en termes de politique sociale".

Article : Citizenside

Manifestation des salariés de Paru Vendu devant le siège du groupe Hersant à Paris

ParisFrance ♦ 06 mars 2012


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Les salariés de Paru Vendu ont manifesté mardi 6 mars 2012 dès 11h30 devant le siège du groupe Hersant à Paris. Un forte mobilisation des forces de l'ordre a pu être observé.
Paru-Vendu était un journal d'annonces qui a été liquidé en novembre dernier. Le plan social du groupe Hersant a touché jusqu'à 2 500 personnes. 1 650 salariés sont concernés dont 150 dans la Marne et 95 dans l'Aube.

Les syndicats (CGT et CFDT) mettent en cause la non-adaptation du groupe face aux nouveaux supports de petites annonces en ligne (internet) qui ont eu raison de "Paru-Vendu". Les salariés réclament une prime de licenciement dite supra-légale et comptent sur le contexte de cette période électorale pour être entendus.

Une délégation a été reçu par un représentant du groupe Hersant Media vers 12h.
Des salariés d'HebdoPrint vont manifester devant l'Assemblé Nationale aux côtés des anciens salariés de Paru Vendu.

mardi 6 mars 2012

Article : Midi Libre

Hebdoprint : les licenciés vont se faire

entendre à Paris


Correspondant
05/03/2012, 06 h 00


Les organisateurs anglois de la manifestation Hebdoprint à Paris.
Les organisateurs anglois de la manifestation Hebdoprint à Paris. (© D.R)
Les licenciés d'Hebdoprint aux Angles poursuivent leur combat. Contre le groupe Hersant GHM, propriétaire de la Comareg Hebdoprint et responsable, selon eux, du "meurtre social prémédité" de 1650 employés dans l'Hexagone et contre l'amnésie qui touche le monde politique.
Depuis l'annonce officielle de la liquidation de leur entreprise locale, le 3 novembre 2011, les 110 employés anglois survivent entre espoirs et désillusions. Indemnités payées avec un retard incompréhensible, projet de société coopérative Scop avorté, ils sont tous devenus des stagiaires en formation professionnelle de Pôle Emploi sans garantie qu'une reconversion leur offre... un emploi.
Une situation qui s'aggrave lorsqu'un des leurs, spécialisé en informatique, demande une formation de haut niveau refusée pour cause de coût élevé. Les politiques de tous bords ont bien essayé de sensibiliser les hautes sphères, avec peu de résultat, si ce n'est l'obtention d'une formation accordée plus longue.
À ce jour, aucun employé du site anglois n'a pu se reconvertir. Alors l'union faisant la force, un collectif de trois associations d'anciens employés Comareg Hebdoprint s'est constitué pour se faire entendre face au groupe GHM et son propriétaire Philippe Hersant.
L'heure est venue d'avoir "un point d'orgue", annonce Jean-Paul Fabre, un syndicaliste fourbu mais combatif. Ce sera pour le 6 mars à Paris où près de 400 licenciés de toutes régions manifesteront. Une date qui correspond à la dernière séance à l'Assemblée nationale avant les vacances. "On veut briser l'omerta qui règne entre les médias qui parlent très peu de ce désastre social et chez les politiques préoccupés par les élections à venir. S'il le faut, on mettra la panique partout, quitte à faire le tour de France", annoncent les organisateurs anglois.
Sont prévus un rendez-vous devant le siège de GHM à 11 h 30 puis un grand rassemblement à 13 h 30 devant l'Assemblée nationale où ils espèrent approcher Mélenchon, Montebourg ou Aubry ainsi que des membres des groupes parlementaires de droite. Le lendemain, une délégation se rendra au ministère du Travail pour évoquer le financement de formations longues et les indemnités supra légales.

mercredi 29 février 2012

Article : La Tribune

Paris Normandie a six semaines pour élaborer un plan de continuation


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Par Claire Garnier à Rouen
Le Tribunal de commerce du Havre a prononcé ce mercredi 29 février le redressement judiciaire du pôle normand du groupe Hersant Media (GHM) qui avait déposé au début de l'audience, conformément à la procédure, une "déclaration de cessation de paiement".
Le redressement judiciaire concerne les quotidiens Paris Normandie, Havre Libre, Havre Presse, Progrès de Fécamp et l'hebdomadaire Liberté dimanche ainsi que la régie publicitaire travaillant pour les différents titres. Le redressement judiciaire a été assorti d'une période d'observation de six semaines.
La direction en collaboration avec les administrateurs judiciaires, va élaborer un « plan de continuation » de l'activité. Ce plan qui comportera un « volet économique, financier et social », sera présenté le 11 avril lors d'une prochaine audience du Tribunal de Commerce.
Les différents titres du pôle normand du groupe Hersant Media sont confrontés à une baisse des ventes au numéro (- 2,4 % par an depuis 2007) et à une baisse de ses revenus publicitaires (- 7,3 % depuis 2007). Ces différents titres, implantés à Rouen, au Havre et à Fécamp - Seine-Maritime - affichent un tirage de 75.000 exemplaires (OJD) dont 52.000 pour le quotidien régional Paris-Normandie, le vaisseau-amiral du groupe qui tirait encore à 135.000 exemplaires en 1980. Ce pôle normand a enregistré en 2011 un déficit d'exploitation de 2,5 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 39,5 millions d'euros avec un effectif de 365 salariés.
Hersant en difficulté
La demande de placement en redressement judiciaire intervient alors que le Groupe Hersant Media (GHM), la maison-mère, n'est plus en mesure de soutenir son pôle normand comme il le fait depuis 10 ans. Selon la direction de GHM, ce soutien s'est élevé à 25 millions d'euros de soutien financier depuis dix ans (abandon de créances et trésorerie). Le groupe GHM qui réalisait un chiffre d'affaires de 900 millions d'euros en 2007 affiche un CA de 543 millions d'euros en 2011 avec un endettement de 215 millions d'euros.
Les trois syndicats présents au Comité d'entreprise (SNJ, Silpac CGT et CGC) ont fait connaître leur désaccord avec le contenu de la « note explicative » lue par la direction lundi 27 février en Comité d'entreprise extraordinaire.
Benoit Marin-Curtout, du SNJ et Steve Beneteau, de la Silpac Cgt (Livre Cgt) estiment que le « pôle normand » paie aujourd'hui des choix stratégiques du Groupe Hersant Media. Des choix consistant, selon eux, à ne pas investir dans son « pôle normand » mais à faire des investissements coûteux dans la presse du sud-est (160 millions d'euros pour l'acquisition de la Provence, Nice Matin et Var Matin) et le secteur des petites annonces (Comareg), etc.
La direction du pôle normand demandera ce mercredi au Tribunal la possibilité de mettre en place un "co-mandat" d'administrateurs judiciaires au sein du groupe : l'administrateur judiciaire qui sera désigné par le Tribunal de commerce du Havre pour le pôle normand pourrait ainsi travailler en partenariat avec le « mandataire ad hoc » du Groupe Hersant Media (GHM) ; ce dernier a déjà été nommé dans le cadre du processus de renégociation de la dette engagé par GHM.
 
29/02/2012, 17:17

Article : Les Echos


27/02 | 16:15 | mis à jour à 16:33 | Anne Feitz

La direction de « Paris Normandie » confirme le dépôt de bilan

La demande de placement en redressement judiciaire sera examinée le 29 février par le Tribunal de commerce du Havre.

Les salariés de « Paris Normandie » n‘ont pas été surpris. Depuis que leurs représentants avaient reçu l'ordre du jour du comité d'entreprise extraordinaire de ce matin (lire lesechos.fr du 21 février), ils savaient que leur direction allait déposer le bilan du quotidien régional et des titres associés. Cela leur a donc été confirmé ce matin. La direction a publié dans la foulée un communiqué, confirmant qu'elle allait demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire pour la SNPEI ( qui édite « Paris Normandie », « Havre Libre », « Havre Presse », « Progrès de Fécamp », et les journaux du dimanche « Havre Dimanche », « Liberté Dimanche », et « Normandie Dimanche »), et pour sa régie publicitaire, SNP.
Cette demande sera examinée par le Tribunal de commerce du Havre le 29 juillet. La direction va demander un plan de continuation, qui permettra de poursuivre l'exploitation de la société, après restructuration. « J'ai la conviction que les titres du pôle ont un avenir et qu'il est possible de les redresser, à condition que soient mises en oeuvre aussi rapidement que possible les mesures de réduction des coûts qui s'imposent », a déclaré Michel Lepinay, président de la SNPEI, dans un communiqué
En cause, la baisse des ventes et des recettes publicitaires des titres du pôle normand du groupe Hersant Média (GHM). Celui-ci « demeure déficitaire. GHM n'est par ailleurs plus en mesure de lui apporter les soutiens nécessaires à la relance de ses activités », indique aussi le communiqué. Selon un porte-parole de la direction, les mesures de soutien du groupe à sa filiale depuis 10 ans représentent un total de 25 millions d'euros. La SNPEI accuse un déficit récurrent depuis des années : en 2011, ses pertes nettes se sont élevées à 2,5 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 39,5 millions.
Les 365 salariés redoutent le pire pour leurs emplois. Les représentants syndicaux ont dénoncé le recours à la procédure judiciaire. « C'est une manière pour notre actionnaire d'échapper à ses obligations sociales et de les reporter sur l'administrateur judiciaire qui sera nommé », a affirmé Steve Beneteau secrétaire général du syndicat du livre CGT de la SNPEI, à l'AFP.

lundi 27 février 2012

Article : AFP

Paris-Normandie sur la voie d'un redressement judiciaire
Navire-amiral de la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI), Paris-Normandie va entrainer dans cette procédure les titres de la pointe de Caux (Havre Libre, Le Havre Presse et Le Progrès de Fécamp) qui appartiennent aussi à la filiale normande du Groupe Hersant Media (GHM).
En comptant les effectifs de la régie publicitaire SNP, également concernée par le dépôt de bilan, cet ensemble qui rayonne sur la Haute-Normandie emploie quelque 365 salariés.
Selon la direction, ces titres souffrent "du recul de leurs ventes au numéro et de la baisse de leurs revenus publicitaires liés à la brutalité de la crise économique et à l'abandon progressif du papier pour le numérique".
La direction reconnaît que l'entreprise demeure "déficitaire" malgré "des mesures successives d'adaptation" prises ces dernières années, notamment le passage au format tabloïd et le reconditionnement des rotatives.
"GHM n'est par ailleurs plus en mesure de lui apporter les soutiens nécessaires à la relance de ses activités", précise un communiqué.
La direction espère que la procédure de redressement judiciaire lui permettra de présenter "un plan de continuation" pour pérenniser ces journaux.
"J'ai la conviction que les titres du pôle ont un avenir et qu'il est possible de les redresser, à condition que soient mises en oeuvre aussi rapidement que possible les mesures de réduction des coûts qui s'imposent", a déclaré Michel Lepinay, président de la SNPEI.
La direction a informé lundi matin les élus du comité d'entreprise convoqués en séance extraordinaire, qui ont regretté la procédure choisie. "Un tribunal de commerce n'est pas le lieu où l'on doit traiter des affaires d'un quotidien régional", a déclaré Steve Beneteau, secrétaire général du syndicat du livre CGT de la SNPEI.
Ce syndicaliste assure que c'est une manière pour l'actionnaire "d'échapper à ses obligations sociales et de les reporter sur l'administrateur judiciaire qui sera nommé".
Les syndicats sont persuadés que le dépôt de bilan a pour objectif de permettre au pôle normand d'être associé au projet de rapprochement entre GHM et le groupe belge Rossel après en avoir été exclu au début des discussions pour cause de situation économique dégradée.
"C'est un dépôt de bilan totalement organisé et prévu dès l'annonce du mariage entre GHM et Rossel le 14 octobre dernier", a même assuré Benoît Marin-Curtoud, délégué du SNJ, alors que les discussions sont toujours en cours entre Rossel et GHM, lourdement endetté.
Selon l'OJD, la diffusion totale de ces titres a atteint 76.000 exemplaires en 2011, soit une baisse de 26% depuis cinq ans. Et, selon les syndicats, la SNPEI a accusé un déficit d'exploitation de deux millions d'euros en 2011 pour un chiffre d'affaires de 40 millions.

Article : La Tribune

PRESSE - 27/02/2012 | 15:10 - 601 mots

Jadis fleuron du groupe Hersant, le groupe Paris-Normandie a déposé le bilan

latribune.fr (source AFP)
Nouvelle victime de la crise de la presse écrite, le quotidien régional Paris-Normandie créé en 1944 sur les ruines du Journal de Rouen se prépare à déposer son bilan après des années de difficultés et d'érosion continue de ses ventes.
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Le dépôt de bilan du groupe Paris-Normandie, qui va également affecter le Havre Libre, Le Havre-Presse et Le Progrès de Fécamp figure à l'ordre du jour d'une réunion extraordinaire du comité d'entreprise de la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI), filiale du Groupe Hersant Médias (GHM), prévue lundi prochain à Rouen, selon le syndicat SNJ. Formellement le dépôt de bilan doit être déposé le 29 février devant le tribunal de commerce du Havre, selon le syndicat du livre CGT. "Nous sommes dans une logique d'abandon de l'actionnaire qui nous coupe les ailes", a déclaré Benoît Marin-Curtoud, délégué du SNJ en visant le Groupe Hersant Médias - qui n'a fait aucun commentaire pour l'instant. Dès vendredi, le SNJ et le syndicat du livre CGT organisent une assemblée générale à Déville-lès-Rouen, près de Rouen, où se trouve la rotative et où sont regroupées une grande partie des activités.
L'annonce n'a pas surpris le personnel qui redoutait depuis plusieurs semaines, au mieux un plan social et au pire un dépôt de bilan. "J'aurai tendance à penser que ces choses ont été organisées pour en arriver là de manière à faire payer les difficultés par l'Etat", a déclaré la secrétaire du Comité d'entreprise Véronique Christol membre du syndicat du livre CGT.
Robert Hersant, "le papivore"
Né sur les ruines du Journal de Rouen, fermé pour cause de collaboration, ce journal dont les premiers actionnaires furent des personnalités issues de la Résistance fut un des fleurons de la presse régionale dans les années 1950 et 1960. En 1972, il est passé dans le giron du patron de la Socpresse, Robert Hersant, alors surnommé le "papivore", qui cherchait à étendre son empire en province. La rédaction avait alors cessé le travail durant plus d'un mois pour stopper la transaction, avant de s'avouer vaincue. Depuis, la diffusion payante du journal n'a cessé de reculer passant de 166.000 exemplaires en 1972 à 53.000 en 2011. Cette descente aux enfers n'a été amortie ni par le rapprochement avec les journaux du Havre ni par les changements de formule - comme le passage au format tabloïd - ni par le retour à une certaine neutralité politique après une grande proximité avec la mairie centriste de Rouen dans les années 1970 à 1990. Au cours des cinq dernières années, la diffusion totale des titres de la SNPEI a chuté de 26% pour s'établir à 76.000 exemplaires en 2011, selon l'OJD. Selon le SNJ, l'entreprise qui emploie 365 salariés dont 114 journalistes a accusé en 2011 un déficit d'exploitation de deux millions d'euros pour un chiffre d'affaires d'environ 40 millions.
Une concentration de la PQR
A cause de ces mauvais résultats, le pôle normand avait été écarté en octobre du projet de mariage entre GHM et le groupe belge Rossel, toujours en cours de négociation. Prise dans une logique de réduction de coût après des années de prospérité, la presse régionale française s'est concentrée ces dernières années entre les mains d'une poignée de grands groupes comme Ouest France, Ebra (Crédit Mutuel, 10 titres), GHM (27 titres régionaux), Centre France-la Montagne, Sud-Ouest, La Voix du Nord qui appartient à Rossel.
Après le choc de la révolution numérique, la crise financière a frappé de plein fouet la presse qui a vu, en 2009, la publicité reculer de 10% à 30% en valeur selon les titres, alors que les ventes chutaient en moyenne de 7%. Plus globalement, avec la désaffection des lecteurs, la diffusion de la presse d'information générale a baissé de 400 millions d'exemplaires entre 1982 et 2000 (-11,7 %). Et seul un Français sur trois (34%) lit un quotidien régional, selon une étude publiée par Audipresse en 2010.
27/02/2012, 15:10

jeudi 23 février 2012

Article : Le Figaro

Paris Normandie va être placé en redressement

Mis à jour  | publié 
Le groupe Hersant Média devrait signer un accord avec ses banques créancières.
Annoncé en octobre dernier, le mariage du groupe Hersant Média (GHM) avec les actifs français du belge Rossel (La Voix du Nord) a du retard à l'allumage. Le groupe français de presse régionale, propriétaire de La Provence ou deL'Union-L'Ardennais, doit régler plusieurs dossiers épineux. À commencer par le sort de son pôle normand (Paris NormandieLe Havre libre…), en difficulté, qui devrait prendre le chemin de la restructuration. Une demande de placement en redressement judiciaire devrait être déposée pour parvenir à un plan de continuation. «GHM, qui a investi 25 millions d'euros dans Paris Normandie en dix ans, n'a pas l'intention d'abandonner ce pôle», souligne Dominique Bernard, DG de GHM. Le groupe poursuit parallèlement des discussions longues et complexes avec ses banques créancières. De leur issue dépend l'accord avec Rossel.

Cessions en cours

Selon nos informations, GHM devrait signer cette semaine avec l'ensemble de ses banques. Cet accord devra encore être précisé dans le cadre d'un protocole homologué par le tribunal de commerce de Paris. Dans le bras de fer avec ses banques - qui lui ont prêté 210 millions d'euros -, GHM dit avoir bien avancé. Le processus de cession de plusieurs actifs est enclenché. Le pôle polynésien est sur le point d'être cédé à des investisseurs locaux etLes Nouvelles calédoniennes auraient déjà reçu une marque d'intérêt. Quant à la société informatique SDV, un mandat de cession devrait être bientôt confié à une banque.
Le groupe de presse affirme par ailleurs que les autres points de l'accord (abandon de créances de 50 millions d'euros et apport en numéraire des actionnaires) sont acquis. «Il y a encore beaucoup de conditions à remplir avant de finaliser la création de notre coentreprise», estime toutefois Éric Malrain, directeur financier du groupe Rossel.
La création effective de la coentreprise avec Rossel, qui doit donner naissance au numéro trois de la presse quotidienne régionale dans l'Hexagone (500 millions d'euros de chiffre d'affaires), reste encore conditionnée à l'aval des autorités de la concurrence. «La conclusion d'un accord final pourrait intervenir raisonnablement sous deux mois , estime Dominique Bernard.

mercredi 22 février 2012

Article : La Voix du Nord


Les ex-salariés d'Hebdoprint et de la Comareg de Lomme, entre forum pour l'emploi et projet de SCOP

mercredi 22.02.2012, 05:27La Voix du Nord
Hier, à Lille, les cabinets de ressources humaines FIE et de reclassement SODIE animaient un forum emploi. PHOTO «LA VOIX»Hier, à Lille, les cabinets de ressources humaines FIE et de reclassement SODIE animaient un forum emploi. PHOTO «LA VOIX»

| SOCIAL |

Florence, ex-commerciale de la Comareg et de son imprimerie Hebdoprint à Lomme, société liquidée le 3 novembre, est venue de Calais pour rencontrer des entreprises au forum pour l'emploi qui se tenait, hier, à Lille. ...
Une initiative du mandataire judiciaire qui organise dans les grandes villes de France ce type de rencontres dédiées exclusivement aux ex-salariés du groupe qui éditait le Paru-Vendu. Le naufrage du pôle de presse gratuite d'annonces du Groupe Hersant média (GHM) ayant entraîné la perte de 1 650 emplois dans son sillage, dont 150 dans la région, l'objectif est au reclassement.
Mais Florence a, jusqu'à présent, « refusé les sollicitations qui lui étaient proposées ». Car elle a décidé de participer à la SCOP (société coopérative de production) montée par des ex-salariés de la Comareg et de son imprimerie Hebdoprint à Lomme avec le soutien de leur ancien patron René Bétourné. Ce dernier est à l'origine de la création des dix-sept éditions du journal de petites annonces Inter 59 avant que le titre ne soit cédé à la Comareg, devenue ensuite filiale de GHM. Aujourd'hui, Inter 59, transformé en une société coopérative de salariés associés, n'attend plus que l'aval du tribunal de commerce de Lyon pour démarrer.

« Vivement qu'on signe ! »

Sous ce label, la SCOP se propose de développer l'activité des petites annonces gratuites sur le marché du Web, du téléphone mobile et du papier. Accompagnée par l'Union régionale des SCOP à Lille, la future entreprise se classe résolument dans le secteur de l'économie solidaire. C'est ainsi que les fournisseurs et les prestataires qui ont le même coeur de métier (fournisseur d'accès Internet, gestion d'appels entrants, distribution toutes boîtes) sont également des SCOP.
Parmi la dizaine d'entreprises présentes à Lille, hier, venues recruter des commerciaux de la Comareg, la future SCOP avait été invitée par le cabinet en ressources humaines FIE, organisateur de l'événement pour le mandataire judiciaire. « Je n'ai pas perdu mon temps, se félicitait René Bétourné. J'ai recruté un commercial. Vivement que l'on puisse signer des contrats ! » • C. MOCELLIN

Article : Les Echos


21/02 | 17:52 | mis à jour à 22:03 | Anne Feitz

« Paris Normandie » va déposer son bilan

La procédure est inscrite à l'ordre du jour du Comité d'entreprise extraordinaire


Un déficit récurrent
Le quotidien régional « Paris Normandie », qui appartient au Groupe Hersant Média (GHM), va déposer son bilan : la procédure est inscrite à l'ordre du jour du comité d'entreprise extraordinaire convoqué lundi 27 février. « Le dossier sera présenté au tribunal de commerce du Havre dans le courant de la semaine prochaine », indique un élu syndical. La nouvelle n'est pas réellement une surprise : le dépôt de bilan avait été évoqué dès l'annonce du rapprochement, en octobre, de GHM et du belge Rossel, qui détient « La Voix du Nord ». « Paris Normandie » avait été écarté de la société commune constituée entre les deux groupes, mais il avait alors été indiqué que le quotidien normand avait vocation à la rejoindre, après s'être restructuré et avoir rétabli son compte d'exploitation. « Après avoir englouti beaucoup d'argent dans la Comareg [qui a fini par être liquidée en novembre dernier], Hersant n'a pas les moyens d'assumer de lourds coûts de restructuration. Dès lors, le dépôt de bilan s'imposait. Il s'agit en outre de marquer un changement d'état d'esprit », note Jean-Clément Texier, banquier spécialiste de la presse.
La SNPEI (Société Normande de Presse et d'Edition), qui édite « Paris Normandie » et d'autres titres associés (« Havre libre », « Le Havre Presse », « Le Progrès de Fécamp »), affiche un déficit récurrent. De source syndicale, son déficit d'exploitation s'est élevé à 2 millions d'euros l'an dernier, pour un chiffre d'affaires de 40 millions. Entre 2006 et 2011, la diffusion France payée de « Paris Normandie » est tombée de 67.776 à 52.606 exemplaires, selon l'OJD. Selon le SNJ, la SNPEI, qui possède sa propre imprimerie, emploie 365 personnes, dont 108 journalistes et 114 ouvriers. Craignant de lourdes conséquences sur les effectifs, les salariés commencent à se mobiliser : une assemblée générale doit se tenir vendredi midi.
ANNE FEITZ